J'arrive plus à écrire, à trouver les bons mots, j'arrive plus à savoir, à faire la part des choses. J'suis jamais où il faut, quand il faut, avec ce qu'il faut, ma vie n'est qu'un bordel, c'est triste à dire hein, mais c'est ça. C'est flou, c'est brouillon, c'est pas rangé, ou alors mal. Je me cache sous une carapace, m'enveloppe sous une couverture, j'endosse des rôles, je fais croire que tout est simple, que je peux tout encaisser mais sous cette couverture j'en bave, mon corps se crispe et je lâche prise. Parfois j'en peux plus, parfois ça m'arrive même de pleurer, mais oui j'ai un coeur, mais oui je vous aime, mais non je ne le montre pas, pas toujours, pas assez. Oui j'ai toujours peur de tout, oui! Je cherche à me jeter la moindre pierre, comme si je voulais me faire du mal, je trouve toujours un moyen de regretter ce que je fais, même si y'a pas de raison. Oui je suis comme ça, orgueilleuse, fière, mais tellement fragile, tellement petite, si peu confiante face aux autres. J'suis une gamine et c'est bien ça le problème, immature, irresponsable et incapable de décider quoi que ce soit. Des fois je me sens seule, tellement seule mais le pire de tout c'est que tout ça c'est de ma faute, je suis heureuse mais parfois mes problèmes me tordent le vendre, me rappellent à l'ordre, ça me tiraille, comme si fallait pas que je sois heureuse, pas trop non, attends, ralentis la cadence ou tu vas rapidement déchanter. Comme si ça n'allait jamais durer, j'appréhende tout, j'imagine le pire, même si le meilleur reste à venir. Je sais pas s'il reste à venir, je crois qu'on le créé, notre bonheur, celui qu'on dessine, qu'on imagine, dont on rêve, qu'on idéalise souvent, qui nous propulse tout là-haut puis nous fait aussitôt redescendre sur terre, pire, nous fait tomber du cinquième étage.
Et splatch.
Je vous envie, tous, je crève de jalousie, vous m'énervez là, vous m'énervez mais pourtant vous êtes comme moi, nous sommes tous pareils, on se protège simplement différemment. Je sais pas ce que je veux, j'ai jamais su, je m'en préoccupe pas, et quand on me le reproche me voilà un peu bête, ah oui c'est vrai, faudrait peut-être y réfléchir! Je sais pas ce que j'aime, ce qui me motive, enfin si, bien sûr que je le sais, bien sûr "mais voilà".
Je rêve peut-être trop, mais pas assez non plus, pas assez pour y croire, pas assez pour y accéder, à mes rêves, et en plus de ça je suis pleine de contradictions. Ce texte n'a aucun enchaînement logique et qui plus est ça sert à rien de se plaindre comme ça, d'étaler sa vie sur un endroit désert où personne ne met les pieds, ça sert à rien de se morfondre, mais j'ai jamais été courageuse, je ne sais faire que ça, me morfondre, c'est si facile. C'est si facile de pleurer et de se laisser consoler, pour redémarrer de plus belle, pour sourire à nouveau mais réaliser quelque temps après que les ennuis sont toujours présents, que nous n'avons fait que fuir. J'ai jamais pris le taureau par les cornes, je sais m'avouer vaincue, moi, il me fait mal l'échec, il me tourmente mais je l'accepte. On peut dire que je suis bonne perdante, parfois je me relève même plus forte, mais parfois encore plus meurtrie, il nous baise souvent ce dicton..
Un pas en avant, deux pas en arrière, voilà comment je fonctionne. Ca va et puis après...boum. Je vous le dis, je me fais du mal, j'en arrive parfois à me mentir, je fais tout pour éviter l'ennui, l'ennui à tout prix, par n'importe quel moyen, il faut que ça bouge, il faut que ça chahute, et vas-y que j'augmente le volume de la radio, que je me rends sourde, que je m'explose les yeux, que j'hurle jusqu'à en perdre la voix, et vas-y que je cours à droite à gauche!
Il faut qu'on m'aime et laissez-moi le temps de vous aimer en retour, je vous le dis, j'ai peur.
Et je remercie tellement ceux qui ont réussi à m'atteindre.